Tous timbrés !

janvier 11th, 2007 by erik

Et Iriane la première…

timbres voeuxtimbres voeuxtimbres voeux

Ce qui ne l'empêche pas de vous souhaiter une bonne année à vous tous, juchée sur l'un des dragons prenant part à la lutte contre les Forces du Mal !

Son modeste biographe se joint à elle pour vous adresser ses meilleurs voeux pour l'année 2007 ! Smile 

La « couve », suite

décembre 28th, 2006 by erik

Il y a deux semaines, j’ai reçu le rough de ma couverture.

C’est-à-dire une sorte de brouillon où sont mis en place – comme on met en scène, si vous voulez – les différents éléments de l’illustration. Dragons, personnages, cité, montagnes… Sarry Long travaille en numérique, avec une palette graphique, si bien que son rough n’est pas un croquis à la mine de plomb mais une image en couleurs qui, certes, manque encore de détails mais raconte déjà beaucoup de choses.

Si on se met d’accord, ce rough sera complété par la texture des rochers, les nervures des ailes membraneuses, les reflets sur les muscles, etc. Nous nous sommes donc mis d’accord et après avoir demandé la correction de quelques détails qui me chiffonnaient, Sarry est reparti au travail.

C’est difficile, une couve. On en attend beaucoup, on en attend même énormément. Faut-il mettre les héros au premier plan ? Quand il s’en trouve beaucoup, comme dans le cycle d’Elamia, lesquels choisir ? Doit-on voir leur visage, au risque de ruiner le plaisir d’imagination des lecteurs ? Compliqué… A cela s’ajoute l’interprétation de l’illustrateur : il a son idée de ce à quoi doit ressembler un dragon, une héroïne, une cité impériale. Et ce n’est pas obligatoirement votre idée. Il faut se laisser porter, oublier son roman… et là, le miracle s’opère enfin !

A ce jour, la couverture est achevée. Sarry Long, qui par ailleurs peint de somptueux décors numériques pour le cinéma, la pub mais aussi compose, interprète et produit des musiques pour la télé et le cinéma, a fait un sacré bon boulot.

A présent que cette partie de l’aventure est terminée, j’aimerais bien le rencontrer, Sarry. Entre la fantasy et notre double casquette de compositeur, j’ai peine à croire qu’on ne pourrait pas passer un bon moment à discuter de cette expérience. Une expérience plutôt unique : je connais peu d’éditeurs qui laissent une telle marge de décision à leurs auteurs, dès lors qu’il s’agit de la couverture d’un roman.

La couverture !

décembre 27th, 2006 by erik

Quand on écrit un roman, qu’on passe du temps avec ses personnages et que l’on s’énerve pour soigner l’intrigue et la rendre aussi excitante sur le papier qu'on l'imaginait, on s’attend à une illustration de couverture à la mesure du travail fourni. Alors ça se passe comment ? 

L’auteur a-t-il son mot à dire ?

Oui et non. Ça dépend de l’éditeur pour commencer. Et à Bragelonne, on est gâté : David Oghia, le directeur artistique, vous passe un coup de fil et vous demande quelque chose du genre « Bon, tu as une idée pour l’illustrateur avec lequel tu aimerais travailler ? » Oui David, j’en ai une petite idée. D’ailleurs, je lui donne un nom, un type qui me fait rêver depuis que je suis tout gosse – il n’y a pas tout à fait une éternité. « Formidable Erik ! Maintenant soyons sérieux et parle-moi d’un dessinateur présent dans notre liste plutôt que dans celle du Père-Lachaise ». Ah. Oui David, bien sûr David.

On se met d’accord sur un illustrateur, David s’assure qu’il sera disponible puis il me passe un nouveau coup de fil. « Le brief, Erik, tu me l’as envoyé ? » Ah, oui, le brief, bien sûr. Autrement dit, un résumé de ce qu’on aimerait trouver, sur cette vitrine en papier glacée. Pour le 3e tome d’Elamia, j’ai une vision. Entre la Chapelle Sixtine et le sacre de Napoléon. De l’envergure et du détail, à foison. Je mets tout ça par écrit et envoie l’e.mail.

Appel de David : « Génial Erik ! Maintenant, Sarry Long n’aura que quelques jours pour travailler sur ta couve, et je te rappelle qu’elle fera 15 cm sur 24 ». Exit le rougeoiement vindicatif dans la prunelle gauche des trois premiers zombies, les six dragons aux gueules incendiaires, l’eczéma sur la saignée des bras du moinillon, la mine excédée du mage dont la barbe est saupoudrée de chardons. Exit les milliers de toits de la capitale impériale où se répète le couchant, du moins dans la partie ouest de la cité, la second partie étant plongée dans une ombre verte – enfin, pas tout à fait verte, tu vois ce que je veux dire, David ?

Le D.A. maison m’explique avec une patience paternelle et dont l’exemplarité mériterait d’être citée dans toutes les maisons s’affirmant proches de leurs auteurs (« Nous sommes une grande famille »), David donc m’explique : une couverture de roman, c’est pas une boîte de jeu de rôle, et encore moins un écran pour le maître de jeu.

Ah, d’accord, on en apprend tous les jours. Je revois ma copie et le brief conclu, l’illustrateur peut enfin se mettre au boulot.

Prochaine étape, le rough.

Hollywood

décembre 20th, 2006 by erik

Un jour, j'écrirai sur le cinéma…

Hollywood.

J’accumule la documentation depuis des années. Tranquillement. Un volume après l’autre. Parfois, j’en lis un. Walt Disney, cette crapule machiste, raciste et délatrice.

Le tournage délirant d’un epic movie, dans le désert cairote, sous la houlette sourcilleuse d'Howard Hawks.

Le marché des salles de cinéma aux US.

La vie de Robert Parrish délicieusement racontée par lui-même. J'ai tout mon temps.

Voilà le danger d’un écrivain. A moins de s’appeler Stephen King ouHenri Loevenbruck, écrire un roman prend du temps. Se documenter prend du temps. Une bonne excuse pour traîner la patte, non ? La meilleure. Dans l’intervalle, on s’attache à vivre normalement. On s'énerve sur des moignons d'histoire. Les rogne jusqu'à l'os, avant de s'y casser les dents. On se perd dans ce thème aussi vaste qu’un décor de Dante Feretti. Puis on trouve une nouvelle idée, on joue avec et on l’abandonne.

Et un beau jour arrive l’inéluctable : un roman aborde le sujet. Ecrit de préférence par un type talentueux. Le genre à ne jamais louper son coup. Pire : l’un de ses auteurs préférés. On lit le résumé au dos. C’est l’histoire telle qu’on aurait rêvé de l’inventer.

Est-ce qu'il faut livre le bouquin ? Et s'il était aussi bon qu'il en a l'air ? Terriblement bon… Une petite alarme sonne dans la tête. Hollywood… Il est temps de laisser tomber.

Les semaines passent, on traîne chez ses libraires préférés. Alors sort d’une pile un document sur la Mecque californienne. Il a l’air épatant. Tellement gorgé d’anecdotes qu’on pourrait les voir dégouliner des pages. Il y a tout ce qu'il faut dedans pour réussir son roman. Il y a plus encore… Ce livre je l’ai acheté aujourd’hui. Hollywood…

Un jour j’écrirai sur le cinéma.

Elamia 3: la réponse

décembre 20th, 2006 by erik

C'est Noël !

Enfin presque…

Pour moi, ça a commencé il y a quelques jours, lorsque mon estimé éditeur m'a dit tout le bien qu'il pensait de mon manuscrit. Car les années passent, les livres se publient et croyez moi, rien ne tempère le suspense de la réponse.

Je vous explique.

 J’ai rendu un premier jet du tome 3 d’Elamia au boss des éditions Bragelonne il y a maintenant, quoi, un mois ? Il sait de quoi il retourne : avec un peu de chance, il a lu les 2 premiers tomes. Je plaisante. Il n’a pas fait que les lire, il les a scrutés avec une attention que j’espère bienveillante, et pour autant dénuée de toute complaisance – je vous jure, il ne m’a rien laissé passer, pas plus qu'il n'avait négligé le premier chapitre du premier tome (réécrit intégralement trois fois), ou fermé les yeux sur des événements majeurs du tome 2 (j’ai dû les reprendre pour les transformer en profondeur).

Stéphane est un ami mais il n’oublie jamais d’être un éditeur. Alors, quand je lui donne ma copie, j’adresse une ou deux prières à mes dieux personnels – ceci dit, j’aurais mieux fait de m’adresser à eux un peu plus tôt, pendant la rédaction, hein, pourquoi pas… Je prie, mange un ou deux paquets de Bretzels et j'attends.

L’éditeur sait en principe où je vais durant la phase d’écriture : on a passé du temps à parler de l’évolution des personnages, des grandes étapes du récit. En général autour d’une bonne table, près des éditions Bragelonne. Je chérie ces moments : il faut se livrer, raconter, détailler mais pas trop et déceler dans un infime mouvement de lèvres, un frissonnement de paupière, la réaction de l’éditeur. Car il ne faut jamais perdre de vue qu’il sera le premier lecteur. Lui et moi on fonctionne comme ça ; certains préfèrent livrer leur manuscrit d’une pièce, sans avoir à passer par la case « discutons ensemble de tes projets d’écriture, mon p’tit gars ».

Bref, j’adore ces moments où, fourchette à la main, je m’apprête à déguster ma tajine de poulet aux citrons confits – froide parce que mes romans sont plutôt longs et les questions de l’éditeur précises. Il écoute mes réponses, appuie là où ça fait mal, reprend un peu de saint-jacques à l’orientale, s’assure que, malgré mon appétit d’écrivain impatient sinon impécunieux, je vais bien jusqu’au bout de mes idées avant d’enfourner une lamelle de volaille fondante. Après, on referme le tome et on parle de nous. C’est la vie et elle me plaît.

 Puis il faut rentrer chez soi, abandonner l’équipe qui a autre chose à faire que bavasser avec l’écrivain en transit. On écrit, on écrit encore, on écrit toujours et après deux ou trois mises au point autour de ladite table, on rend donc le manuscrit.

Et on attend.

Le coup de fil arrive enfin. En fait, je pourrais être à l’école, face à un examinateur aussi tatillon qu’expérimenté. Ça ne serait pas pire. Ardent défenseur de la tension dans le récit, Stéphane commencera par me dire tout ce qui ne va pas. Puis il passera aux compliments. Et cette fois, il n’en a pas manqués ! Donc, peu de remaniements majeurs en perspective. Tant mieux, non ? … 

Joyeux Noël !