La couverture !

Quand on écrit un roman, qu’on passe du temps avec ses personnages et que l’on s’énerve pour soigner l’intrigue et la rendre aussi excitante sur le papier qu'on l'imaginait, on s’attend à une illustration de couverture à la mesure du travail fourni. Alors ça se passe comment ? 

L’auteur a-t-il son mot à dire ?

Oui et non. Ça dépend de l’éditeur pour commencer. Et à Bragelonne, on est gâté : David Oghia, le directeur artistique, vous passe un coup de fil et vous demande quelque chose du genre « Bon, tu as une idée pour l’illustrateur avec lequel tu aimerais travailler ? » Oui David, j’en ai une petite idée. D’ailleurs, je lui donne un nom, un type qui me fait rêver depuis que je suis tout gosse – il n’y a pas tout à fait une éternité. « Formidable Erik ! Maintenant soyons sérieux et parle-moi d’un dessinateur présent dans notre liste plutôt que dans celle du Père-Lachaise ». Ah. Oui David, bien sûr David.

On se met d’accord sur un illustrateur, David s’assure qu’il sera disponible puis il me passe un nouveau coup de fil. « Le brief, Erik, tu me l’as envoyé ? » Ah, oui, le brief, bien sûr. Autrement dit, un résumé de ce qu’on aimerait trouver, sur cette vitrine en papier glacée. Pour le 3e tome d’Elamia, j’ai une vision. Entre la Chapelle Sixtine et le sacre de Napoléon. De l’envergure et du détail, à foison. Je mets tout ça par écrit et envoie l’e.mail.

Appel de David : « Génial Erik ! Maintenant, Sarry Long n’aura que quelques jours pour travailler sur ta couve, et je te rappelle qu’elle fera 15 cm sur 24 ». Exit le rougeoiement vindicatif dans la prunelle gauche des trois premiers zombies, les six dragons aux gueules incendiaires, l’eczéma sur la saignée des bras du moinillon, la mine excédée du mage dont la barbe est saupoudrée de chardons. Exit les milliers de toits de la capitale impériale où se répète le couchant, du moins dans la partie ouest de la cité, la second partie étant plongée dans une ombre verte – enfin, pas tout à fait verte, tu vois ce que je veux dire, David ?

Le D.A. maison m’explique avec une patience paternelle et dont l’exemplarité mériterait d’être citée dans toutes les maisons s’affirmant proches de leurs auteurs (« Nous sommes une grande famille »), David donc m’explique : une couverture de roman, c’est pas une boîte de jeu de rôle, et encore moins un écran pour le maître de jeu.

Ah, d’accord, on en apprend tous les jours. Je revois ma copie et le brief conclu, l’illustrateur peut enfin se mettre au boulot.

Prochaine étape, le rough.

2 Responses to “La couverture !”

  1. Pouf pouf dit :

    C’est un brin réducteur…

  2. Dave dit :

    Erik est trop gentil, mais je suis une véritable peste avec les auteurs… Il est plutôt patient le pauvre Wizou, mais qu’il sache que chez Bragelonne tous les auteurs sont importants et nous aimons les belles couvertures. Au final celle de Elamia 3 sera très belle.

    Bises à tous…

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